samedi 2 février 2013

La thérapie sexofonctionnelle


     I.  Fondements théoriques


« La thérapie sexofonctionnelle est basée sur le modèle de fonctionnalité sexuelle développé par le Dr François de Carufel.

Ce modèle intègre l’ensemble des composantes des fonctionnements sexuels sains et adéquats de l’être humain. Il procure au thérapeute un cadre de référence pour évaluer le fonctionnement sexuel de ses patients. Il lui permet également de développer des outils efficaces pour traiter les différents désordres sexuels féminins et masculins.

La thérapie sexofonctionnelle a pour but de répondre aux demandes des patients. Elle offre des moyens concrets pour aider les gens à améliorer leur vie sexuelle sur les plans personnel, relationnel et social. Elle met l'accent sur le développement du potentiel sexuel de la personne, l'harmonisation sexuelle du couple et la responsabilisation sociale des individus.

Les désordres soignés au moyen de la thérapie sexofonctionnelle incluent les dysfonctions sexuelles, la baisse de désir sexuel, les problèmes d'identité sexuelle, les troubles d’orientation sexuelle, les traumatismes sexuels, la délinquance sexuelle et les paraphilies.

La thérapie sexofonctionnelle comprend des traitements complets, structurés et très détaillés. Le thérapeute peut, dépendamment des besoins de ses patients, appliquer ces traitements en entier, les modifier, y adjoindre des interventions périsexologiques ou les intégrer à l’intérieur d’une démarche plus globale.

La thérapie sexofonctionnelle repose sur des assises multiples. Elle inclut des apports issus de l’anatomie, de la neurophysiologie, de la psychanalyse, de l'analyse caractérielle, de la bioénergie, de la gestalt, de la sexothérapie, de la programmation neurolinguistique, de l'approche sexocorporelle, de la sexoanalyse, des thérapies cognitivo-comportementales ainsi que des sciences de l’activité physique, des enseignements érotologiques orientaux et des arts corporels.

Son originalité et son efficacité découlent de ce qu'elle englobe l’ensemble des dimensions biologiques, personnelles, relationnelles et sociales du fonctionnement sexuel humain. Elle est l'objet d'innovations constantes et se positionne à la fine pointe de la sexologie moderne. »

  1. Applications cliniques

« La thérapie sexofonctionnelle a pour but de favoriser l'acquisition par les femmes et par les hommes d'une fonctionnalité sexuelle sur les plans personnel, relationnel et social. Les objectifs qu'elle poursuit incluent :
  • la consolidation de l'identité sexuelle
  • la confirmation de l'orientation sexuelle
  • l'affirmation de la vaginalité (réceptivité sexuelle) et de la phallucité (propulsivité sexuelle)
  • l'élargissement du répertoire de stimuli personnels, relationnels et contextuels
  • la mise en place des conditions favorables à l'émergence et à la croissance du désir sexuel
  • l'élaboration de projets érotiques cohérents, gratifiants et satisfaisants
  • la création de moments d'intimité personnels et relationnels
  • le perfectionnement des habiletés de séduction
  • le raffinement du toucher
  • l'amélioration de la capacité à percevoir, codifier et apprécier érotiquement les stimuli sexuels   
  • l'affinement de la volupté et de la mouvance corporelle
  • l'accroissement de la capacité à gérer la tension sexuelle de son émergence à sa dissolution
  • l'établissement des fonctions d'excitation et de plaisir, de décharge et d'orgasme
  • la facilitation de l'expression sexuelle de l'autre
  • le développement de la capacité à respecter l'autre en présence de soi
  • le développement de la capacité à se respecter en présence de l'autre »

  1. Techniques thérapeutiques

« La thérapie sexofonctionnelle utilise divers types d'interventions cliniques pour induire des changements chez les patients. Parmi ceux-ci, on retrouve :
  • l'apprentissage d'habiletés corporelles, la centration, l'exploration de la respiration
  • l'information sur la sexualité, l'examen des croyances et des attitudes, la réflexion,  la discussion, la restructuration cognitive
  • l'analyse des fantasmes, l'induction fantasmatique, la correction des contenus fantasmatiques
  • la perception dirigée, la modification des modalités perceptuelles, les mises en situation corporelles et imagées
  • l'auto-observation, l'expérimentation scientifique de nouvelles façons de penser et d'agir, l'utilisation des ressources de la personne et du couple
  • l'analyse et la modification des patrons d'interaction sexuels et affectifs des membres du
  • couple, la communication sexuelle et la communication sur la     sexualité, l'instauration d'un
  • esprit de collaboration »


Psychothérapie du Traumatisme Réassociative


Définition :



« La PTR – psychothérapie du traumatisme réassociative – est une méthode intégrative de désensibilisation par imagerie des traumatismes psychologiques. »



Fondements :



La PTR est une thérapie brève utilisant l'hypnose conversationnelle active (le patient est éveillé, conscient, actif ; autohypnose). Prenant en compte les nombreux écueils rencontrés lors du traitement des traumatismes (douleur exacerbée, reviviscence, cognitions négatives...), elle permet de soigner les syndromes post-traumatiques de manière efficace, douce et progressive.

Elle est utile pour tous traumatismes et autres expériences psychologiques douloureuses (accident, abus sexuel, agression, deuil...), mais peut aussi soigner bien d'autres souffrances psychiques : les phobies, l'anxiété, les peurs diverses, les douleurs et maladies psychosomatiques, les problèmes sexuels, la perte de confiance en soi, les cauchemars des enfants et les stress scolaires entre autres.

La PTR a été élaborée par Gérald Brassine, psychothérapeute belge et fondateur de l'institut Milton Erickson de Belgique à Bruxelles et s'inspire de divers paradigmes : thérapie cognitivo-comportementale, psychanalyse, hypnose ericksonienne...



Principes :



Lorsqu’une personne subit un traumatisme, petit ou grand, elle entre dans un état modifié de conscience spontané et met en place diverses protections telles que l’anesthésie, l’amnésie, le psychosomatique, les dissociations corporelles ou émotionnelles, la catalepsie... Cependant, ces protections peuvent devenir incontrôlables et néfastes par la suite (exemple : l'anesthésie supprime la douleur émotionnelle mais inhibe également les émotions positives...).

La pratique de l'hypnose (état modifié de conscience semblable à celui utilisé au moment du traumatisme mais émotionnellement positif et non douloureux) et durant celle-ci, l'utilisation des diverses protections fournies par l'inconscient et l'imagination du sujet (aidé par celle du thérapeute) permettent de modifier les « plaques mnésiques » où sont inscrites les informations traumatisantes, et ce, de manière créative, ludique, douce et adaptée aux référents personnels et culturels du patient.

« Le patient peut ainsi reprendre le contrôle, la maîtrise sur son système nerveux autonome (qui contrôle les réactions « automatiques » du corps : le sommeil, la digestion, les douleurs psychosomatiques, ainsi que les émotions, etc.) ».



En pratique :



« Il s’agit d’échanger verbalement avec le sujet de sorte que ce dernier entre dans un état modifié de conscience comme défini par Erickson (1967). Brassine insiste particulièrement sur une collaboration essentielle du patient qui consiste à pouvoir refuser les propositions du thérapeute lorsque celles-ci sont douloureuses ou inadéquates. Le problème le plus important concernant le travail avec des sujets traumatisés est de trouver un juste équilibre entre l’exposition à l’événement traumatique et le détournement de la pensée face à celui-ci. Dès lors, le praticien se centre d’abord sur les ressources du sujet (souvenirs et sensations positifs), et y revient tout au long de la thérapie lors des séances d’imagerie. Il incorpore progressivement à cette exposition positive des éléments appartenant au traumatisme de manière transformée, et suggère au patient d’observer la désensibilisation progressive dans les cinq modalités sensorielles. Dans ce contexte, l’originalité de la PTR est d’utiliser des phénomènes hypnotiques spontanés, ou dissociations multiples. Cette particularité sert l’objectif d’une exposition non douloureuse ainsi que, paradoxalement, l’élimination des symptômes. Enfin, le but ultime est le changement des cognitions erronées de culpabilité et de honte accompagnant toute victime de trauma (sexuel ou non). »



Sources et citations : http://imheb.be